Les enjeux du littoral … et la déproclamation de 16 arpents de plage publique à Pomponette

Platform Moris Lanvironnman – Communiqué de presse
20 septembre 2016

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Platform Moris Lanvironnman plaide depuis quelque temps en faveur d’un aménagement du territoire, et donc du littoral, qui respecte les principes du développement durable, c’est-à-dire un développement où l’écologie, le social et l’économie sont fondamentalement liés. Des projets à caractère économique ou une option de développement économique où les deux autres piliers du développement durable ne sont pas pris en considération courent le grand risque de mettre, dans le moyen et long termes, en péril les bases mêmes de ce qui fait fonctionner l’économie.

En septembre 2015, Platform Moris Lanvironnman avait, dans un communiqué, écrit ceci :
« Afin d’assurer à l’avenir une saine gestion de nos côtes, d’une perspective de seuil de tolérance écologique et social, PML souhaite apporter les propositions suivantes :
– (…) un aménagement de la bande côtière autour de l’île selon les principes de l’Integrated Coastal Zone Management (ICZM). La gestion intégrée des zones côtières prend simultanément en compte les enjeux terrestres et marins, naturels, économiques et sociaux d’une zone littorale définie. (…)
– (…) que le gouvernement revoie en profondeur sa politique d’octroi de baux sur le littoral à des fins de développements économiques ainsi que les conditions des baux existants.
– Ceci en tenant compte également, dans un esprit d’équité et de développement inclusif, de l’accès du public aux plages, accès qui rétrécit au fil des semaines. »

Car les plages ont une fonction écologique et une fonction sociale.

La fonction écologique des plages est à facette multiple : rôle de tampon lors de conditions météorologiques extrêmes par dissipation de la force des vagues, protection face aux graves risques liés à la montée du niveau de la mer, soutenance de nombreuses formes de vie dépendant du sable et qui nourrissent et soutiennent l’écosystème et sont importantes pour l’intégrité des plages et donc pour la côte, pour ne citer que celles-là. Des entraves à la dynamique naturelle du littoral (par la construction de structures inadaptées par exemple) font courir le risque de perte de plages par érosion. Les exemples autour de l’île ne manquent pas.

Pour les Mauriciens, la plage est le lieu de détente, de loisir et de convivialité en plein air par excellence, et donc de resourcement mental et physique. Les espaces verts et la mer sont connus pour apporter bien-être à ceux qui les fréquentent. Cet espace social que sont les plages à Maurice est vital à l’équilibre social et au bien-être de la population de notre pays ; un amoindrissement de cet espace, en termes de quantité et/ou de qualité, ne serait pas sans impact sur cet équilibre et ce bien-être. Or, la population voit au fil des mois son accès à cet espace se rétrécir. Et cette fois, il s’agit d’une plage proclamée publique depuis 1991, d’une superficie de plus de 16 arpents (69940m2) et avec un rivage de 900 mètres à Pomponette.

Pomponette fait partie de ces plages qui évoquent dans l’esprit des Mauriciens le sud sauvage. Sa belle plage publique faisant partie du Pas Géométriques Bel Air est appréciée pour le bien-être que son espace au grand air procure. Il est utile de souligner aussi que face à la montée du niveau de la mer et à l’érosion, la préservation de la zone dynamique de la plage est une nécessité ; nécessité renforcée par l’exposition de cette plage aux houles du sud.

Les politiques nationales relatives aux régions côtières menées jusqu’ici ont-elles réussi, pour le bien commun, à préserver les fonctions écologiques et sociales des plages autour de Maurice ?

La déproclamation de la plage publique de Pomponette dans le but de constituer un nouveau bail hôtelier d’une superficie de quelque 31 arpents, alors que le gouvernement n’est lié par aucun engagement passé, peut-elle assurer que les fonctions écologiques et sociales de cette plage ne soient pas perdues mais au contraire améliorées ?
PML réitère donc, dans le contexte du cas actuel de Pomponette, ses propositions à l’effet que « (…) le gouvernement revoie en profondeur sa politique d’octroi de baux sur le littoral à des fins de développements économiques ainsi que les conditions des baux existants. Ceci en tenant compte également, dans un esprit d’équité et de développement inclusif, de l’accès du public aux plages, accès qui rétrécit au fil des semaines. »

Platform Moris Lanvironnman
20 Septembre 2016

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